Podcast: Et si on arrêtait de produire du software inutile? Avec David Laizé

Podcast: Et si on arrêtait de produire du software inutile? Avec David Laizé

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David Laizé, expert en développement logiciel, nous questionne : « Et si on arrêtait de produire du software inutile ? »

Au programme :

  • Constat sur les logiciels inutiles
  • Les causes de la création de logiciels inutiles
  • Les conséquences des logiciels inutiles
  • Comment éviter la création de logiciels inutiles

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David Laizé explique que les logiciels inutiles sont des logiciels qui ne répondent pas aux besoins des utilisateurs ou qui ne sont pas utilisés pleinement.

Il identifie quelques causes de la création de logiciels inutiles, telles qu’une attente surdimensionnée, irréaliste par rapport aux besoins réels, des questions de budget, d’ambitions, l’absence de processus de validation et l’absence de suivi de l’utilisation des logiciels.

David Laizé souligne que les logiciels inutiles ont des conséquences négatives pour les entreprises, telles que des coûts de développement et de maintenance inutiles, une perte de productivité et une baisse de la satisfaction des utilisateurs.

David propose des conseils pour éviter la création de logiciels inutiles, tels que la définition claire des besoins des utilisateurs 💡 et d’autres réflexions que nous vous invitons à écouter dans ce nouvel épisode de “Pyxis – Le Podcast ».

Ce podcast est indispensable pour tous ceux qui souhaitent :

  • Découvrir les enjeux des logiciels inutiles
  • Apprendre à éviter la création de logiciels inutiles

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Séquençage du podcast:

  • 00:18 Introduction et présentation de David Laizé
  • 01:44 Partir d’un constat et être acteur du changement
  • 01:59 Un premier focus sur les logiciels ?
  • 02:56 Comment faire pour créer le bon logiciel qui correspond aux bons besoins ?
  • 03:36 Entre « requirements » et budgets
  • 04:55 Quelle est la première étape du changement ?
  • 06:05 Analogie avec l’environnement : le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas
  • 07:12 Quelles sont les réticences ?
  • 08:11 Arrêter de faire de fausses promesses
  • 09:10 Quel conseil pour un manager ou IT manager ?
  • 09:56 Que retenir de ton intervention ?
  • 11:05 Quid du débat face aux nouvelles technologies telles que l’IA ?
  • 12:47 Et si l’IA dépiste les fonctionnalités inutiles pour un cleaning ?
  • 13:10 Quels mots pour le motiver à nous rejoindre à la prochaine journée agile ?
  • 14:14 Comment te contacter ?
  • 14:59 Clôture du podcast

Transcription du podcast:

Michel Godart: [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel épisode “Pyxis – Le podcast”, c’est un podcast qui est disponible sur toutes les bonnes plateformes et je vous invite à vous abonner. Nous sommes à la journée Agile le 2 juin 2023, face à moi j’ai l’honneur de recevoir David Laizé qui nous a parlé dans une session ce matin de software inutile… Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, ça doit parler à plein de gens qui nous écoutent ça, à plein d’auditeurs et d’auditrices. David, on va commencer par un petit mot de présentation sur toi, alors je sais que tu as des racines bretonnes (David Laizé: En effet), je ne vais pas te demander de chanter un chant breton ou quoique: tu peux si tu en as envie. On va d’abord donner un petit mot de présentation de ton parcours, de qui est David Laizé, qu’est-ce qui t’a amené finalement à l’agilité? Ça sera la deuxième question, on va commencer par une présentation.

David Laizé: [00:00:55] Ça marche alors je serai bien incapable de chanter en breton (Michel Godart: Rires), il n’y a que les Finistériens qui savent faire ça, moi je suis de Rennes. Pour eux, je suis un faux breton…

Michel Godart: [00:01:01] Tu es de Rennes?

David Laizé: [00:01:01] Et oui, tout à fait.

Michel Godart: [00:01:02] Avec PodRennes qui est bien connu, festival de podcasts là-bas!

David Laizé: [00:01:05] Je suis un heureux papa de deux enfants.

Michel Godart: [00:01:07] Ils ont quel âge?

David Laizé: [00:01:07] Dix ans, là dans les jours à venir (Michel Godart: Ah Ouais), et sept, huit. Et c’est un truc qui m’occupe pas mal (Michel Godart: C’est un challenges hein) au quotidien. On ne va pas se mentir, je suis très tourné famille, donc quand je ne suis pas au boulot (Michel Godart: C’est la famille), souvent c’est la famille, quelque chose qui me porte.

Michel Godart: [00:01:20] Et ton cursus donc?

David Laizé: [00:01:21] Mon cursus? Moi je suis un ancien tech, je viens de là, je suis né dans le monde de la IT avec le premier Prince of Persia, nos premiers ordinateurs, il y a très, très, longtemps (Michel Godart:Ohhh ça date). Grand fan, à finir en moins d’une heure hein?

Michel Godart: [00:01:31] Mais t’es plus vieux que moi ou quoi?!

David Laizé: [00:01:32] Moi je suis vieux, je suis vieux, j’assume. Mais effectivement j’ai été baigné dedans, et j’ai commencé par faire de la tech, je suis un ancien dév, j’ai dev pendant plus de douze ans. Et après j’ai fait une bascule vers l’agilité parce que je n’étais pas toujours satisfait du cadre.

Michel Godart: [00:01:44] Donc ça part d’un constat et on se dit je veux corriger le tir.

David Laizé: [00:01:46] J’ai envie d’être acteur, j’ai envie de ne pas juste râler dans mon coin!

Michel Godart: [00:01:50] T’as pas un côté créatif?

David Laizé: [00:01:51] Si un petit peu. Et vouloir voilà, challenger tout ça et essayer d’être un acteur du changement. Et c’est ce qui m’a fait effectivement basculer vers ce joyeux monde qui est l’agilité.

Michel Godart: [00:01:59] Alors maintenant, je comprends mieux aussi, la question ça allait être ben pourquoi t’attaquer au software? Parce qu’en software il y a peut-être encore des tas de choses à changer pour l’agilité. Et je crois qu’effectivement le terrain est assez large pour qu’il y ait plein d’acteurs sur différents thèmes. Tu t’es focalisé sur le soft où ce n’est pas que ça. Première partie de la question…

David Laizé: [00:02:14] Oui, tout à fait. Globalement, je trouve qu’il y a, pour reprendre des termes un peu « Lean », il y a un énorme gaspillage là-dedans (Michel Godart: De ressources), de ressources, de gens en fait, d’humains.

Michel Godart: [00:02:22] Et de coûts, parce que ça coûte, ces soft

David Laizé: [00:02:24] Accessoirement. Mais le premier qui m’intéressait, c’était surtout le côté des gens qui vont passer de nombreuses heures, des jours (Michel Godart: Apprendre à utiliser un soft). Ouais, et en fait, le truc n’est pas pertinent. Donc tout ce qui était dépensé en amont par les gens qui l’ont créé, c’est juste du gâchis quoi.

Michel Godart: [00:02:40] Il faut rappeler qu’il y à l’achat, la licence souvent, par utilisateur en plus (David Laizé: Ouais), la formation, la maintenance de la connaissance, la retransmission de la connaissance, la gestion au quotidien, les débug, le support etc etc. et ça n’en finit pas.

David Laizé: [00:02:52] Donc si on pouvait créer à la base les bons trucs, ça évite tout ce gâchis.

Michel Godart: [00:02:56] Ah ouais mais c’est compliqué ça, parce que les besoins sont tellement multiples et variés. Comment tu fais pour créer le software qui correspond aux bons besoins et qui est évolutifs sur tous les besoins futurs, anticipatifs. (David Laizé: Pour moi c’est…) J’exagère, je te provoque volontairement.

David Laizé: [00:03:07] Mais j’entends, et la question elle est top parce que c’est nos challenges au quotidien, dans ce monde, ce monde de l’IT

Michel Godart: [00:03:12] Et la variété d’entreprises et de métiers.

David Laizé: [00:03:13] Ouais, clairement. Pour moi l’agilité doit répondre à ça en fait. Il y a un moment, c’est un truc que je dis souvent mais, si c’est pour jouer à mettre des post-it sur les murs et faire des serious-game, ça va cinq minutes, mais moi c’est pas ça qui m’intéresse. C’est à dire que ce côté comment on va raccourcir une boucle de feedback pour pouvoir tester plus rapidement si nos solutions elles sont pertinentes, et si on est bien en train de faire un truc utile, là on est dans le cœur du truc, c’est ça qui m’intéresse.

Michel Godart: [00:03:36] Ayant travaillé aussi comme SLM dans le secteur télécoms, et quand tu choisis des solutions ou des services de sociétés externes pour des software, tu as plusieurs étapes. Tu as les requirement, tu soumets tes attentes, puis t’as des questions, jeu de questions-réponses qui s’installe donc il y a tout ce qui est le préliminaire, je vais comparer ça à une relation amoureuse presque. Et puis on rentre dans le lard comme on dit, on rentre dans le terrain, dans le cambouis, les mains dans le cambouis, on bosse avec. Il y a les phases d’adaptation, d’apprentissage comme je ai dit, puis les bugs et puis après on renouvelle, on renouvelle pas, et parfois, pour des questions de budget. C’est parfois là que ça se joue, c’est sur les budgets que ça se joue parfois. Est-ce qu’on a vraiment toujours la main sur l’intelligence et l’agilité en premier ou est-ce que parfois les budgets viennent pas un peu parasiter les débats?

David Laizé: [00:04:14] Clairement, clairement, on ne va pas se mentir. Enfin, on vit dans ce monde-là, on vit dans ce monde où les achats ont une puissance, où les budgets ont une puissance, où les plannings ont une puissance. Enfin, tout ça c’est les contraintes et le cadre dans lequel on joue. Alors moi, j’ai fait un choix pour me simplifier la vie, je viens du monde du consulting dans le service, etc. Donc ce monde-là je le connais très bien, ce que tu décris là je le vois très, très, bien. J’ai fait un choix il y a quelques temps, quand j’ai voulu vraiment aller travailler sur “produire plus utile”, c’est effectivement quitter le monde du service pour aller dans le monde vraiment du produit. C’est à dire qu’aujourd’hui je travaille dans une boite, en interne, on crée un produit donc tout ce cadre je l’ai plus, ou je l’ai beaucoup moins, donc je me suis simplifié la vie.

Michel Godart: [00:04:49] Tu t’es mis moins de contraintes.

David Laizé: [00:04:51] En effet, il y a des fois il faut savoir aussi changer de cadre. C’est ce que j’ai fait sur ce coup-là.

Michel Godart: [00:04:55] Ok, cependant qu’est-ce que tu préconises alors? Quel est ton approche? Donc moi je suis une personne, directeur IT d’un gros département d’une grosse boite, j’entends parler de toi, je te contacte. Qu’est-ce que vous me proposez concrètement comme première étape d’analyse et de travail sur mes software inutiles? Et sont-ils vraiment inutiles?

David Laizé: [00:05:10] Souvent en fait, tu parlais tout à l’heure de requirements, toute cette phase-là, on a un peu tendance à – et c’est normal – faire une liste au Père-Noël.

Michel Godart: [00:05:18] Oui, c’est un peu comme le recrutement on veut le mouton à cinq pattes (David Laizé: Oui, tout à fait). Ben c’est la même chose dans le soft!

David Laizé: [00:05:22] Exactement, on veut tout.

Michel Godart: [00:05:23] On veut le mouton à cinq pattes.

David Laizé: [00:05:24] Et oui. Si on demande qu’est-ce que ça doit faire? Je vais lister.

Michel Godart: [00:05:28] Un max

David Laizé: [00:05:28] Un max. Et moi souvent ma première approche, mon premier conseil, ça va être la frugalité.

Michel Godart: [00:05:33] Quels sont les réels besoins?

David Laizé: [00:05:34] Quels sont les réels besoins? Comment on peut créer un MVP à partir de tout ça? J’ai travaillé avec des boites qui m’ont sorti des MVP de deux ans. En me disant “David, ce n’est pas possible, on ne peut pas faire plus petit que ça”. Alors je dis “Ben en fait si, et je vais vous le prouver et on va le mettre en prod à la fin de l’année. Donnez-moi ce périmètre-là, écartez un peu le cadre, pour pouvoir faire ça. Je vous prouve que ça marche et ensuite on peut continuer de travailler ensemble et de voir comment on peut mettre plus d’agilité dans tout ça”. Mais quand on part de ça, de dire “Ben non, deux ans c’est le minimum vital”, Non, ça ne peut pas marcher en fait, il y a trop!

Michel Godart: [00:06:05] L’intitulé c’est les software inutile, donc on a tendance à imaginer: “Ben je me débarrasse des software dont j’ai plus besoin” ici, quand tu me parles, j’entends aussi qu’on peut proposer un software, qu’on peut proposer quelque chose de nouveau. La finalité pour toi c’est d’amener une solution que tu proposes aux entreprises en termes de software? Ou la finalité c’est de dire “Tu n’as pas besoin d’utiliser tout ça, contente toi d’un strict minimum” (David Laizé: En fait…) Ou il y a les trois?

David Laizé: [00:06:24] Non, ce qui m’intéresse, c’est principalement l’étape où on va construire ce software. Et comment faire en sorte qu’on ne construisent pas des choses qui ne servent pas. Donc si je fais un parallèle avec l’écologie par exemple, c’est le fameux le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas (Michel Godart: Bien sûr). Et donc moi c’est vraiment, mon cheval de bataille il est là, c’est à dire comment je travaille avec les décideurs, avec les gens qui vont demander du software pour faire en sorte qu’ils aient le bon truc à la fin et que ça serve à quelque chose.

Michel Godart: [00:06:50] Est ce que du coup la réponse de l’IT Manager c’est pas “Ouais mais en fait finalement je vais me débarrasser d’un outil pour en prendre un nouveau”?

David Laizé: [00:06:56] Alors souvent, moi j’interviens au moment où, de toute façon, la demande elle est là. (Michel Godart: Oui), il y a une demande pour un logiciel.

Michel Godart: [00:07:01] Donc on va de toute façon être dans l’achat de nouveau.

David Laizé: [00:07:03] Voilà, comment faire en sorte qu’on ne perde pas du temps, de l’argent, des ressources, des capacités, enfin, bref… Comment on devient plus frugal pour faire moins de déchets?

Michel Godart: [00:07:12] C’est quoi le seuil de résistance qui arrive en front et en final?

David Laizé: [00:07:15] La plupart du temps, et ça va être le cas dans la plupart des démarches agile, ça va être un frein plus au niveau achat.

Michel Godart: [00:07:21] Encore une fois, rires, on en dévie pas hein?

David Laizé: [00:07:24] Qui nous explique qu’en gros il faut s’engager sur un périmètre, et un délai.

Michel Godart: [00:07:28] Et déterminé, ouais

David Laizé: [00:07:30] Et tout ça déterminé. Avec le fameux argument “Ben moi quand j’achète une voiture, je sais ce qu’il y a dedans et je sais quand est ce qu’on me la livre et quel prix elle coûte”.

Michel Godart: [00:07:37] On ne veut pas une boite de chocolat avec une surprise dedans.

David Laizé: [00:07:39] Voilà. Sauf que c’est pas ça notre monde. Dans le monde du soft, la complexité elle est dingue, et en fait c’est juste de l’honnêteté de dire “On ne saura pas te promettre que dans deux ans on va arriver pile poil le 31 mars. Là, avec ce périmètre”

Michel Godart: [00:07:55] Ben là je comprends le challenge, parce que il faut savoir l’écouter ça.

David Laizé: [00:07:58] En fait, cette promesse-là, elle est fausse

Michel Godart: [00:07:59] Mais oui, il faut l’écouter l’inverse (David Laizé: Et oui). Qui est capable d’écouter l’inverse?

David Laizé: [00:08:02] Exactement. Et souvent c’est une histoire de Trail off. C’est une histoire de compromis entre des achats qui ont ces besoins-là et la réalité du monde du soft.

Michel Godart: [00:08:11] Donc ton premier discours serait, si je t’écoute bien, de remettre l’honnêteté au centre (David Laizé: Ouais). De dire voilà, on va arrêter de se faire des fausses promesses.

David Laizé: [00:08:18] Et c’est ça, et en fait, la meilleure réponse que j’apporte c’est, pour rassurer les gens qui ont ces besoins-là. La seule bonne pratique, c’est de livrer. Parce que si les gens n’ont pas encore la confiance, ce qui est normal on n’a pas encore bossé ensemble. Je dois donner de l’argent pour un truc impalpable au début…

Michel Godart: [00:08:36] Ah oui, j’ai pas d’image, j’ai pas de cadre, ouais

David Laizé: [00:08:39] J’ai rien. Donc on se rencontre et il faut que je fasse confiance, que effectivement dans six mois, un an, deux ans, le truc sera là, nickel. Mais c’est dingo. Donc, moi la réponse que je donne à ça c’est: construisons un truc plus petit, opérationnel, et livrons le plus vite.

Michel Godart: [00:08:56] Et faisons le grandir.

David Laizé: [00:08:57] Et faisons le grandir. Parce qu’à partir du moment où je livre, je transforme des coûts en profits.

Michel Godart: [00:09:00] Tu sais à quoi ça me fait penser? Tu deviens à mes yeux le jardinier de l’agilité, tu sèmes la graine, et puis tu arrose, et tu fais grandir et tu fais pousser, c’est un peu ça le débat.

David Laizé: [00:09:08] Ouais, carrément. En tout cas, moi j’aime bien l’image.

Michel Godart: [00:09:10] Quel conseil tu donnerais à un manager ou un IT manager qui nous écoute, déjà dès le départ, avant même qu’il fasse appel à ton intervention. Tu as déjà donné des éléments de réponse mais le conseil: “Vraiment ça, les gars, retenez-le”.

David Laizé: [00:09:21] En fait, c’est d’être honnête avec soi-même, c’est à dire que…

Michel Godart: [00:09:24] D’être prêt à écouter les choses pas agréables à entendre.

David Laizé: [00:09:26] Ouais, il y a ça. Et puis, je fais plus trop ce métier maintenant parce que effectivement, comme je te disais, je suis en interne dans une boîte à créer du produit. Mais quand je faisais du consulting, soyez honnête, c’est à dire que ce n’est pas grave si vous ne faites pas d’agilité, c’est pas parce que c’est hype, c’est pas parce que tout le monde en parle, qu’il y a des conférences, même si elles sont chouettes (Michel Godart: Rires – Merci). Non, mais c’est pas grave en fait. Si ce que vous voulez faire c’est du cycle en V à l’ancienne, faites le et faites le bien. Et ça sera dix fois mieux que d’essayer de faire un espèce d’ersatz d’agilité qui va mettre tout le monde en détresse et où à la fin, on va dire ça ne marche pas!

Michel Godart: [00:09:56] Ça correspond à ce que tu voudrais que les gens se souviennent de ton pitch de ce matin, ou est-ce qu’il y a d’autres choses que tu voudrais qu’ils retiennent?

David Laizé: [00:10:02] En fait, ce que j’aimerais

David Laizé: [00:10:03] C’est juste faire un résumé de ce qui est important à retenir, de ce qui s’est passé ce matin dans ton partage.

David Laizé: [00:10:07] Ouais, ouais tout à fait. Alors j’ai des interventions qui sont volontairement provocatrice

Michel Godart: [00:10:11] J’aime ça, t’as remarqué?

David Laizé: [00:10:12] Je préfère ne pas être aimé par certains que de passer totalement, d’avoir un discours lisse, ça ne parle pas, moi

Michel Godart: [00:10:18] On joue pas les bisounours

David Laizé: [00:10:18] Non. Donc en fait, quand j’interviens, j’essaie juste d’ouvrir les esprits en disant “Il n’y a pas une seule façon de travailler, il n’y a pas une seule façon de faire de l’agilité, de faire du soft, de résoudre des problèmes. Ouvrez un peu vos chakras” et pour moi, je vais peut-être anticiper encore sur une autre question à toi mais, c’est tout l’intérêt de ce genre de journée.

Michel Godart: [00:10:37] Effectivement.

David Laizé: [00:10:39] Ouais, ouais, ouais. Mais c’est ce qu’il faut venir chercher en fait, c’est quelqu’un qui vient, qui va vous partager un truc et vous allez faire “Ah ouais? Ouais, effectivement, on peut penser comme ça aussi”.

Michel Godart: [00:10:47] Ben oui, ça faisait sens (David Laizé: C’est pertinent) et en fait c’est juste qu’on n’y a pas pris le temps d’y penser de la bonne manière.

David Laizé: [00:10:51] Ça ne veut pas dire que le cadre qu’on avait avant, il est tout nul.

Michel Godart: [00:10:54] Oui, il n’est pas mauvais.

David Laizé: [00:10:55] Ou il n’est pas mauvais, non, mais je n’ai jamais dit ça et, franchement, c’est hyper important pour moi. Juste, il y a d’autres cadres et ils sont super intéressants à aller explorer.

Michel Godart: [00:11:05] Tu sais qu’on est en plein changement, alors L’informatique évolue avec la capacité des processeurs, la rapidité de processing. Puis maintenant apparaissent les IA, apparaît maintenant la décentralisation du web, les blockchains, le Web3. Il va y avoir de sacrés changements dans le monde IT, dans les outils qu’on va utiliser, il va y avoir des sociétés qui vont être secouées, l’humain va être secoué aussi; il y a des jobs qui vont disparaître, des nouveaux qui vont apparaître, le métier de prompteur par exemple. Comment est-ce qu’on gère cette approche de software utiles et inutiles quand un monde vaste avec cette grande vague de nouveaux soft est en train de nous tomber dessus comme un tsunami? Tu t’es préparé, t’as pris ta planche de surf?

David Laizé: [00:11:38] Alors j’ai lu un super commentaire là-dessus qui m’a fait beaucoup rire. Je le donne pour l’anecdote et puis après je réponds vraiment à la question. Quelqu’un a dit “Pour que les IA puissent remplacer une équipe produit, une équipe tech, il va falloir que les clients expriment clairement leurs besoins. Du coup, on est tranquille”.

Michel Godart: [00:11:53] C’est vrai que déjà entre humains, ça ne marche pas super bien. Si… Parce que ça c’est l’anecdote, tu as déjà, j’imagine, vu ce genre de petites vidéos ou dessins sur LinkedIn où t’as le mec qui dessine un truc sur le dos du premier (David Laizé: Exactement), qui dessine lui-même une image sur le dos du deuxième et entre le requester du produit et le programmeur à la fin, tu pars du soleil à la tortue. Ok, on est d’accord.

David Laizé: [00:12:12] Exactement. Alors ça c’était pour le truc qui m’avait fait rire. Maintenant, en vrai, moi je trouve ça super positif. Techniquement, chez nous dans mon équipe produit, c’est des trucs qu’on utilise. Les dev sont sur chatGPT pour vérifier des trucs, pour coder des morceaux qui n’ont pas besoin d’être ultra réfléchis parce que c’est juste, on va dire un truc générique. Moi ça m’arrive par exemple d’aller autogénérés des tests d’acceptation pour mes user stories avec ChatGPT et donc je le vois comme un assistant.

Michel Godart: [00:12:37] Et ça va s’accentuer parce que les plug ins arrivent (David Laizé: Mais bien sûr) en masse et ils vont s’intégrer dans tout.

David Laizé: [00:12:41] Évidemment. Pour moi, si on s’oppose, on va juste contre la vague. Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure stratégie.

Michel Godart: [00:12:47] Est-ce qu’on aurait peut-être une IA un jour qui serait un plug in, qui irait dans une application et qui se dirait “Ben, ça c’est inutile on enlève, ça c’est inutile on enlève”

David Laizé: [00:12:54] Et se serait top. Moi j’adorerais, on le fait déjà en exploitant la data. Et moi je conseille à tous d’ailleurs de supprimer les fonctionnalités d’un software qui ne servent pas: parce que ça allège la codebase, parce il y a plein de bonnes raisons de faire ça.

Michel Godart: [00:13:04] Et c’est écologique en plus!

David Laizé: [00:13:05] Tout à fait. Si on pouvait demain autogénérer ce truc-là par de l’IA, mais allons y; clairement.

Michel Godart: [00:13:10] Pas mal. Tu dirais quoi à quelqu’un qui voudrait revenir, qui a raté cette session cette année, dans une journée agile dans le futur, tu lui donnerais quels mots pour le motiver à nous rejoindre dans le groupe de passionnés dans lequel on se trouve?

David Laizé: [00:13:21] Moi je vois. Ça fait des années que je parcours les conf agile, alors principalement en France, c’est la première fois que je vais en Belgique, je suis très content.

Michel Godart: [00:13:28] Tu étais à Paris d’ailleurs.

David Laizé: [00:13:28] J’étais à Paris, j’ai tourné un peu partout. Et en fait je viens quasiment toujours chercher la même chose, une espèce de bulle de respiration, c’est tellement important. C’est à dire qu’on est tous en train de courir, et il y a un moment, c’est de s’autoriser à arrêter de courir pendant une journée, deux journées, prendre de la hauteur pour mieux repartir après. Alors oui, quand ça fait dix ans qu’on va en conf comme moi, ça arrive que je passe à côté de certaines conférences ou que j’ai déjà vu des trucs, etc. Et pourtant j’ai toujours le même plaisir à y aller, parce qu’il y a cette bulle, cette capacité à prendre de la hauteur et de se dire “Ok, en fait là je crois que je suis bien sur ça, ça, ça” mais non

Michel Godart: [00:14:07] On peut s’améliorer

David Laizé: [00:14:07] Tu peux encore faire mieux, tu peux encore faire mieux là et c’est incroyable. Donc en fait-le pour ça. Offrez-vous cette bulle.

Michel Godart: [00:14:14] Et moi je rajouterais, ben on l’entend derrière toi hein? Il y a le côté networking en plus qui est la cerise sur le gâteau. Alors en termes de cerise sur le gâteau justement David, je vais te demander de me donner un site internet ou une URL où on pourrait te contacter, ou un moyen de te contacter, et puis s’informer. Parce que les auditeurs, auditrices, qui n’auraient pas eu assez de réponses à ses questionnements, ben comme ça, il peut te contacter?

David Laizé: [00:14:33] Oui, sans problème, David Laizé .com, plutôt facile, tout attaché.

Michel Godart: [00:14:36] Tout simple, et sur Linkedin j’imagine qu’on peut te contacter

David Laizé: [00:14:38] Sur Linkedin aussi je poste pas mal, j’aime bien échanger, souvent je demande du feedback sur mes confs. Si jamais vous l’avez vu, n’hésitez pas à me contacter. Franchement, ça me permet d’itérer. Souvent mes conférences je les donne cinq, six, sept, huit fois et je ne donne jamais la même. C’est à dire que tout le feedback qu’on me donne me permet d’améliorer la version suivante. Et si vous avez la chance de voir la neuvième, 10ᵉ itération, eh bien c’est meilleur, grâce à vous.

Michel Godart: [00:14:59] J’adore! Moi je dis toujours une critique, c’est un cadeau (David Laizé: Mais bien sûr), on donne une opportunité de changer. Alors merci pour cette belle parole et ça je n’en attendais pas moins de toi. Tu me parlais de feedback justement, ce podcast il est un peu particulier, parce que le texte qui va présenter cette interview quand elle sera diffusée, il y aura un lien dedans. Et les gens cliquant sur ce lien, ils vont arriver sur un répondeur vocal, ils peuvent s’enregistrer, écouter la qualité avant de l’envoyer et nous dire si oui ou non on peut utiliser leur voix pour les réseaux sociaux. S’ils le disent pas: le message vocal, je le reçois, je te l’envoie, tu réagis comme tu le sens. Mais s’ils nous disent “Je partage volontiers ma voix sur les réseaux sociaux”, eh bien leurs questions, leurs commentaires, leurs remarques et cette interaction que tu les invite à avoir, le feedback sur la conférence s’ils y ont insisté, et bien ils peuvent l’enregistrer verbalement, te l’envoyer de cette manière, je le reçois, je le mets en commentaire du podcast. Et tu pourras directement entendre les gens.

David Laizé: [00:15:42] C’est top! Ouais, super idée!

Michel Godart: [00:15:43] Je te souhaite plein de feedback parce que c’est encore difficile parfois pour les gens de passer le cap de “Il me faut un micro, j’active le truc, je comprends comment ça marche, je me lance”. Ça parait compliqué mais je vous assure c’est hyper simple, alors faites-le, ça fera plaisir à David en tous cas (David Laizé: Carrément) merci pour ta patience. Merci pour ton temps. Il y avait un autre point que t’aurais voulu dire avant de clôturer?

David Laizé: [00:16:00] Non, merci de faire ça, merci de participer à améliorer tout ça, c’est cool. Et content d’avoir pu participer.

Michel Godart: [00:16:06] Ok, ben moi j’étais content de parler avec un passionné. A bientôt, Abonnez-vous.

Via Blubrry :
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